23 octobre 2008
Coupés du monde !
C’est dingue comme on se sent loin de tout sur une île ! Loin de vous ! Loin du monde ! Loin du reste du monde ! Loin de notre tour du monde ! Nous y avons portant passé de bons moments mais, de jour en jour, notre passivité devient plus pesante. Par ailleurs, la mousson de plus en plus présente enlève une part de brillant au décor. Et puis, ce périmètre carré, nous le connaissons maintenant. Tout nous paraît familier ici. Notre chambre est plus en bordel que jamais. Les paquets de cigarettes défilent en quantité. Le personnel apporte notre commande avant que l’on ait commandé. Les chiens nous font preuve de fidélité jusqu’à venir nous rejoindre dans nos randonnées. Nous pouvons presque sortir pisser les yeux fermés. Des habitudes s’installent progressivement. Notre quotidien en devient effrayant. Vite! Partons pendant qu’il en est encore temps !
La réalité est que cette oisiveté nous a fait le plus grand bien mais deux semaines de pause nous apparaît bien assez . L’envie de changement est remonté à la surface. La soif de découverte est revenue. Si nous sommes tant pressés de partir, c’est que nous sommes vraiment prêts à repartir.
19 octobre 2008
Maman, s’abstenir !
Un jour, nous avons louer un scooter au repérage d’une plage meilleure. Cette expédition était très amusante. Nous avons traversé l’île et l’avons longée. Nous avons roulé une bonne partie de la journée sur des routes sinueuses, poussiéreuses, parfois inachevées et cahoteuses. La mousson s’est affalée sur nous une paire de fois sans gêne. Nous étions trempés. Suite à des stops obligés, nous remontions avec hâte sur nos deux roues à l’affut de nouveaux paysages et de nouvelles aventures comme aller câliner les éléphants.
Cette journée aurait été parfaite sans les dernières minutes du retour. Je me cramponnais à Alex dans les derniers kilomètres car la route pour rejoindre notre plage est très mauvaise. C’est une route en terre formée de multiples bosses et crevasses. Notre passage laisse une traînée de poussières tellement le sol est sec. Nous roulions pourtant doucement pour descendre ces chaussées glissantes. Peut-être un peu trop ! Pas de chance pour nous, nous nous déséquilibrons en freinant et tombons avec le scooter sur la gauche. Pas d’affolement, nous nous en sortons avec chacun une égratignure, le Yamaha y compris et notre apéro du soir, pourtant éjecté un peu plus loin est sauvé. Courageux, nous chevauchons de plus belle la mécanique. Nous sommes presque arrivés quand cette fois nous nous sentons basculer de l’autre côté. Oh non ! Pas ça ! C’est la dernière descente ! Mais nous tombons malheureusement de nouveau malgré notre prudence. Quel spectacle désolant pour nos compagnons de voyage impuissants! Cette fois le véhicule s’en sort moins bien que nous car des éraflures entourent sa carcasse et il a le frein cassé. C’est alors bouillonnants de l’intérieur et peu fiers que nous allons rendre l‘emprunt. Le propriétaire n’est pas dupe et coche à l’encre rouge les cases des pièces défectueuses sur le contrat. Aïe ! Maintenant ça nous fait mal. Nos amis nous réconfortent en installant l’apéritif épargné au beau milieu de la plage. C’est désormais l’heure de relativiser. Un petit trou dans notre budget vaut mieux qu’une pâte cassée. La pilule est dure à avaler mais les petites mésaventures font aussi partie de notre quotidien.
15 octobre 2008
Des vacances en vacances
Il est probable que vous soyez persuadés du contraire mais le quotidien d’un voyageur est parfois épuisant ! Sybille et Dario l’affirment également. C’est pourquoi, ensemble, nous attendions nos petites vacances avec impatience. Ne rien faire pendant une quinzaine de jours nous fera que le plus grand bien.
Nous resterons deux semaines sur l’île de Koh Pha Ngan. C’est une petit île située à l’est des terres thaïlandaises. Nous l’avons choisie parmi ses paires en fonction de sa petite taille et de ses quelques plages encore désertées des foules. C’est sur celle appelée Thong Ta Pan Noï que nous a
vons délibérément laissé tomber nos sacs. Elle ne fait pas plus de 500m de long. Quelques restaurants et bars à l’abris des arbres et des palmiers ainsi que des petits bungalows de toute gamme camouflés de matériaux naturels délimitent la plage de sable fin sur toute une longueur. De l’autre, c’est la mer bleue qui la borde. Aux extrémités, les pieds rocheux des montagnes tropicales empêchent notre plage de s’étaler davantage en lui donnant une jolie forme arrondie. Avec l’unique plage voisine que nous apercevons sur la gauche,
nous sommes encerclée par cette nature abondante qui finit sa course juste en face de notre point de vue. C’est la plage la plus agréable que nous ayons connue jusqu’à présent. Nous passons nos journées à l’extrême gauche de ce petit paradis et nos nuits dans notre cabane juchées entre les arbres et les pierres à la Tarzan et Jane.
La vie est si simple ici ! On se lève tranquillement, on déjeune, on bronze, on se
baigne, on marche, on respire, on remange de nouveau, on fait les cons, on se baigne encore, on lit, on boit, on s’enduit de crème solaire, on s’occupe, on fait la sieste, on dîne, on se laisse servir. Voilà en gros notre programme durant les jours qui se sont écoulés et ceux qui restent à venir. Ne penser à rien nous fait le plus grand bien
12 octobre 2008
Tentation sensorielle
Je suis bien. Je suis vraiment bien. Je suis étalée sur le sable fin. Le soleil vient caresser de ses doux rayons la peau de mon corps légèrement teintée par endroit, encore très claire ailleurs. Le tout brunira lentement avec le temps qui passe paisiblement. Je me laisse aller au son des vagues qui viennent gentiment finir leur chemin sur la plage dans l’espoir de parvenir enfin à se dérouler jusqu’à mes pieds. Ce rythme me berce. L’air chaud accompagné d’une brise tiède idéale rajoute une couche ensorcelante à l’atmosphère. Oui, je suis bien. Une harmonie naturelle s’est installée lentement entre ce endroit fantastique et moi qui le suis également. Seul mon esprit vagabonde maintenant. Il fait des va et vient entre ce jardin d’Eden et ce bout de province qui m’est si cher. Je pense alors à vous, à votre journée. Comme elle doit avoir une allure différente de la mienne! J’ai un peu chaud. J’imagine que votre réveil est venu vous déranger ce matin alors qu’Alex et moi rêvions encore à notre programme du lendemain. Après votre rituel du matin vous vous êtes rendus en traînant le pieds sur votre lieu de travail tandis qu’une fois réveillés, nous nous sommes empressés d’ouvrir la fenêtre du bungalow sur un décor magique : sur la crique. J’ai un peu trop chaud. Vous faites aller vos méninges pour ceux qui bossent ou vous piailler avec les collègues pour les autres et nous nous enivrons de chaque instant pour notre bien personnel. Je suis moitte, des perles d’eau salée prennent forment sur mon front, au niveau des reins aussi. Le soir, une fois chez vous, votre cerveau fonctionne encore sur des « il faut encore faire-ci », « il faut encore faire ça ». Nous, nous posons notre doigt hasardeux sur une carte et l’on nous ramène de succulents plats exotiques puis, quand nous sommes fatigués, nous allons simplement nous coucher. Je sens ma sueur dégoulinée. Tout ça me donne trop chaud ! Mais pourquoi êtes-vous venus me perturber de la sorte. « Bon Betty, te voilà forcée de réfléchir maintenant ! Mais que vas-tu faire pour mettre fin à ce calvaire? ». Je bouge, m’agenouille, me lève et avance un peu lasse. Je commence à sentir l’eau me chatouiller sensuellement les mollets, les cuisses, le ventre et me laisse entièrement submerger par la mer. Mon sang est légèrement plus chaud que ce liquide turquoise à l’infini. Je suis satisfaite de ce bain rafraichissant. Je suis bien. Je suis vraiment bien !
10 octobre 2008
Save Thaï water drink beer !
Nous nous sentons tellement bien dans cette ville que ça en devient problématique. Rien d’inquiétant : je ne me suis pas mise à jouer de la balle ni Alex à se travestir mais nous nous sommes laissés aller l’histoire d’une soirée à boire de la Singha et des cocktails à base de Red Bull, coca et whisky. Certes, avec Sybille et Dario, Linda et Sandro leurs amis, nous avons fait une fête digne de ce nom. C’est le retour à la réalité qui est toujours plus difficile. Alex, par exemple, éprouve d’énormes difficultés à se relever et reprendre la partie après un gros coup dans le nez. Il finira au tapis dans son lit. Le lâche ! Nous devions faire équipe pour notre rendez-vous familial en live. De 1h30 à 3h30 du matin, je me suis crue sur un ring : moi, seule contre ses misérables outils informatiques. Mais, après plusieurs rounds de déformations auditives et visuelles, je suis enfin parvenue à une connexion normale avec mes proches. Forcément, ils m’ont tout de suite retourné en pleine face : «Mais, où est donc Alex ? ». Et moi, fière de renvoyer alors : « Il s’est fait mettre KO dès le premier tour ! ».
Il n’est malheureusement pas le seul. En effet, quelle mauvaise surprise le lendemain quand nous avons découvert notre appareil photo brisé. Le pauvre, il a pris dans la gueule
lui aussi! Nous avons couru dans tous les sens pour trouver quelqu’un qui le ferait revenir à lui, même sous une autre forme. Cependant, ni l’assurance, ni le géant centre de l’électronique ont su nous faire plaisir. Heureusement, un nouvel appareil photo, le clone du premier mais en gris, est parvenu à nous faire oublier cette mésaventure pour une centaine d’Euros. L’appareil et Alex sont de nouveau en pleine forme !
Ah Bangkok! La partie n’est pas finie ! Nous reviendrons pour notre revanche après notre entrainement intensif sur l‘île de Koh Phangan…
07 octobre 2008
Enooorme Bangkok

Cette fois, nous arrivons avec nos sacs sur le dos comme une lettre à la poste : le trajet a été sans encombre et le bus stoppe juste devant la guesthouse que nous souhaitions. Nous sommes ravis ! La Thaïlande s’annonce très bien .
Bangkok nous dévoile un premier visage de la Thaîlande très moderne néanmoins troublé par de petits anachronismes qui viennent de nouveau nous déboussolés comme on l‘aime. Nous nous déplaçons en bus, en taxi, en métro aérien pour nous rendre d’un point vers l’autre sur un réseau infrastructurel très dense tout en dépassant des touk touk éclatants. Ils nous arrivent également de prendre ces transports collectifs sur l’eau et de naviguer aux côtés de ces bateaux aux longues queues qui embellissent la rivière. Les haut buildings aux formes cubiques, octogonales, et bizarroïdes peuplent les quartiers commerciaux et fournissent de l’ombre aux petits vendeurs de compositions florales des centaines de mètres plus bas. Les blocs urbains habituels faits de béton dépareillent avec les bâtiments grandioses Thaïlandais ornés de dorures et de dragons multicolores. Le quartier où nous résidons n’est pas mal non plus dans son genre. C’est le quartier touristique par excellence. Si l’on a faim, il y a ses restaurants inquantifiables, ses marchands ambulants de nouilles ou riz à toutes les sauces ou encore les roulottes de grillades : crickets, cafards, vers à soie et grenouilles en sachets. Même si nous n’avons pas encore gâtées nos pupilles de toutes ces nouveautés, nous nous régalons de cuisine thaïlandaise.
Les Thaîlandais nous plaisent beaucoup aussi. Ils sont très accueillants, rigolent tout le temps, même avec les conneries d’Alex! Leur façon de parler est excellente et nous fait marrer. En fait, ils font durer leur dernière syllabe assez longtemps et intensément. « hello, do you want a massaaAAAAgge? », « thank yououOUOU ». Bon, OK, ça ne fait rire que nous! Par ailleurs, ces charmant petits clowns sembleraient être de très bons joueurs de ping-pong notamment grâce à leurs équipes féminines. La Thaïlandaise serait dotée d’une capacité en lancé-retourné comme nous ne l’avons encore jamais vu. Croyez-en les explications que nous en avons eu. Cependant, nous préférons cette fois encore resté dans le traditionnel et irons plutôt voir des hommes s’affronter sur le ring. Un peu plus viril peut-être à condition que le match de boxe Thaïe ne soit pas joué entre ces ladyboy que nous voyons partout.

C’est ainsi que cette chère ville nous apparaît familière mais merveilleusement décalée.
06 octobre 2008
... le NEPAL
Point budget
1 € = 100 Rps Népalais
Nous avons dépensé 85639 Rps soit environ 860 €
Nous avons donc dépassé de 300 € notre budget prévisionnel de 560 €. Nous n’avions pas comptabilisé le prix d’un trek qui reste quand même conséquent si on peut dire. Cela représente notre petit extra pou le Népal.
Point transport
26h de bus pour parcourir 720 kms
Nous avons usé nos Salomon et nos sticks pendant presque 30 h . Cela représenteraient presque 80kms de dénivelés et un nombre incalculable de marches.
Point impressions
Le négatif :
- la circulation dans des faux bus touristiques le long des ravins
- le côté insécurisant de la ville de Katmandou par moment pour cause de rebellions (actualités politiques)
- notre état physique qui nous a parfois fait faux-bon
- un arrêt de fumer qui n’a pas duré
Le positif :
- des paysages magnifiques et une nature généreuse
- l’ascension de Poon Hill (3210 m d’altitude) et son panorama sur les Annapurna.
- le climat idéal pour un séjour unique
- un steak-frites accompagné d’une bière Everest à Pokara.
- notre guide et les jeunes porteurs géniaux et toujours à nos petits soins
- Cybille et Dario, deux sacrés numéros que nous sommes contents de revoir en Thaïlande
- une ballade en barque sur le lac de Pokara et un plongeon dans l’eau
- la culture bouddhiste et son côté zen
- un plein d’inspiration graphique pour Alex
Un point en or pour ces porteurs en tous genres surtout Sunil et Prakas.
... l`INDE
Un point sur l’Inde
1€ = 64 Rps
Nous avons dépensé 53650 Rps soit la totalité de note budget prévisionnel de 840 €.
En plus, nous nous sommes offert un petit extra de 50 $ afin de pouvoir passer tranquillement une nuit dans le désert.
Point transport
Avec Deepak, nous avons effectué 37h30 dans sa petite TATA et parcouru 1850 kms auxquels nous pouvons ajouter 2h de Jeep pour 150 kms, soit un total d’environ 40 h de voiture ou 2000 kms.
En train couchette nous avons englouti 1450 kms, soit 30h15 de trajet.
Nous avons aussi passé 2h30 dans un bus indien pour faire 150 kms.
Point impressions
Il est très difficile pour nous de tirer un bilan sur l’Inde. Nos impressions sont vraiment partager entre deux sentiments. Notre ressenti est à l’image de ce pays fait de contrastes.
- Nous avons apprécié la beauté architecturale de certains monuments et picturale des havélis, par contre, de nombreuses habitations nous interpellaient davantage.
- Nous aimons les couleurs éclatantes omniprésentes et par la même occasion cet aspect kitsch (à la Mister K.O) mais nous déplorons le reflet de la saleté et de la pauvreté.
- C’est intéressant de voir un tel dépaysement mais à la fois très fatiguant.
- Nous nous sommes pourléchés de lassis-banane et de chai quand ils n’étaient pas coupés avec de l’eau ou au goût cramé.
- Nous aimons le sourire des gens quand ils ne montrent pas trop leurs dents.
- C’est sympathique d’avoir du soleil tous les jours mais pas tant de transpirer à longueur de temps.
- Faire des rencontres avec des gens est ce qu’il y a de plus enrichissant encore faut-il que celles-ci soient sincères et non intéressées.
- Les rickshaws c’est rigolo mais trop c’est trop !
- La culture et la religion notamment l’indouisme sont extrêmement riches néanmoins on s’y mélange un peu les pinceaux.
- Nous nous sommes toujours senti en sécurité malgré des regards qui violent notre intimité.
- Echanges sympathiques et solidarité entre touristes français, Guillaume, David, Tiphaine et Jean autour d’histoires indiennes.
- Le « oui, ok, c’est bon ça marche » rappelle le hochement de tête à la Defrance même si très déconcertant au début.
A la question « avez-vous aimé l’Inde ? », nous sommes dans l’incapacité de répondre pour l‘instant. Une chose est sûre, c’est que nous ne regrettons rien.
Point en or pour toutes ces femmes courageuses, qui pour nous, font avancer le pays sans pour autant reconnues.être











